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Épilepsie : définition et causes

L'épilepsie est une maladie neurologique chronique caractérisée par une activité électrique anormale du cerveau, responsable de crises récurrentes imprévisibles. Bien que cette affection inquiète souvent ceux qui la découvrent, une meilleure compréhension de ses mécanismes, de ses causes et de ses traitements permet de mieux la vivre et de la contrôler. La Pharmacie de Balmont vous propose un guide complet sur l'épilepsie pour vous aider à mieux appréhender cette condition et les bonnes pratiques à adopter au quotidien.

Qu'est-ce que l'épilepsie ?

L'épilepsie est une affection du système nerveux central définie par la répétition de crises convulsives ou non-convulsives. Ces crises surviennent suite à une perturbation de l'activité électrique du cerveau, où les neurones se déchargent de manière excessive et anormale. Cette suractivité électrique provoque des symptômes moteurs, sensoriels, émotionnels ou cognitifs selon la région du cerveau affectée.

Il est important de noter que l'épilepsie ne se limite pas à une seule crise convulsive. Le diagnostic d'épilepsie est généralement posé après au moins deux crises non provoquées survenues à distance l'une de l'autre, ou après une crise non provoquée et une prédisposition élevée aux crises. Cette distinction est capitale : une personne ayant eu une seule convulsion ne souffre pas nécessairement d'épilepsie.

En France, plus de 600 000 personnes vivent avec l'épilepsie, ce qui en fait l'une des maladies neurologiques chroniques les plus fréquentes. Tous les âges peuvent être touchés, mais on note deux pics d'incidence : un chez l'enfant et un autre chez la personne âgée.

Les différents types de crises

Les crises épileptiques se classent en deux grandes catégories selon leur point de départ dans le cerveau :

Les crises généralisées

Les crises généralisées impliquent les deux hémisphères cérébraux dès le début. Elles se manifestent de différentes façons :

  • Crises tonico-cloniques généralisées : autrefois appelées « grand mal », elles sont les plus spectaculaires. Elles commencent par une phase tonique (contraction musculaire rigide entraînant une perte de conscience et une chute), suivie d'une phase clonique (contractions musculaires rythmées). Elles durent généralement 1 à 2 minutes.
  • Crises d'absence : brèves interruptions de conscience (quelques secondes à une minute) sans chute ni convulsion visibles. Elles sont particulièrement fréquentes chez l'enfant.
  • Crises myocloniques : contractions musculaires brèves et involontaires touchant les deux côtés du corps.
  • Crises atoniques : perte soudaine du tonus musculaire pouvant entraîner une chute.
  • Crises tonico-cloniques atypiques : variantes des crises généralisées présentant des caractéristiques particulières.

Les crises focales (partielles)

Les crises focales commencent dans une région limitée d'un hémisphère cérébral. Selon que la conscience est conservée ou non, on distingue :

  • Crises focales sans altération de conscience : la personne reste consciente et peut décrire ses symptômes. Les manifestations dépendent de la région touchée : mouvements involontaires d'un membre, sensations bizarres, hallucinations sensorielles.
  • Crises focales avec altération de conscience : la conscience est plus ou moins obscurcie. La personne peut avoir des automatismes (mouvements répétitifs inconscients comme se lécher les lèvres ou tripoter ses vêtements).
  • Crises focales évoluant en crises généralisées secondaires : une crise focale peut se propager aux deux hémisphères et devenir généralisée.

Causes et facteurs de risque

L'épilepsie peut avoir des causes très variées. Dans environ 60 % des cas chez l'adulte, aucune cause ne peut être clairement identifiée. Dans les autres cas, plusieurs facteurs peuvent être en jeu :

Les causes génétiques

Certaines formes d'épilepsie sont d'origine génétique, liées à des mutations dans les gènes contrôlant la fonction neuronale. Ces formes peuvent être héréditaires et apparaître dans plusieurs membres d'une même famille. Les parents d'une personne épileptique se posent souvent la question du risque pour leurs enfants. Ce risque dépend du type d'épilepsie : il existe des formes fortement héréditaires et d'autres sans transmission familiale.

Les causes lésionnelles

Certaines lésions du cerveau peuvent provoquer l'épilepsie :

  • Traumatisme crânien : un accident ayant provoqué un coup à la tête peut augmenter le risque d'épilepsie post-traumatique, particulièrement si le traumatisme était grave.
  • Accident vasculaire cérébral : l'infarctus ou l'hémorragie cérébrale peut entraîner une épilepsie secondaire.
  • Tumeur cérébrale : les tumeurs du cerveau peuvent provoquer des crises épileptiques.
  • Infection du système nerveux : la méningite, l'encéphalite ou certaines maladies parasitaires peuvent endommager le cerveau et causer l'épilepsie.
  • Malformations cérébrales : certaines anomalies du développement cérébral congénital peuvent être à l'origine d'une épilepsie.
  • Sclérose en plaques ou autres maladies dégénératives : ces affections neurologiques augmentent le risque de crises convulsives.

Les causes métaboliques

Un déséquilibre des substances chimiques essentielles au fonctionnement du cerveau peut déclencher des crises :

  • Hypoglycémie : une baisse importante du taux de sucre dans le sang.
  • Hypocalcémie : une baisse du calcium dans le sang.
  • Insuffisance rénale ou hépatique : ces organes jouent un rôle crucial dans l'équilibre chimique du corps.
  • Manque d'oxygène : une hypoxie peut provoquer des crises.
  • Troubles électrolytiques : des déséquilibres en sodium, potassium ou magnésium.

Les facteurs déclenchants

Chez une personne épileptique, certains facteurs peuvent augmenter la probabilité d'une crise :

  • Manque de sommeil : c'est l'un des facteurs déclenchants les plus courants. Un sommeil insuffisant ou perturbé augmente significativement le risque de crise.
  • Consommation d'alcool ou de drogues : l'alcool diminue le seuil des crises et peut provoquer des convulsions lors du sevrage.
  • Stress et émotions : le stress intense, l'anxiété ou les grands changements émotionnels peuvent déclencher une crise.
  • Lumières clignotantes : chez environ 30 % des épileptiques photosensibles, les lumières rapides (discothèques, écrans vidéo, reflets du soleil sur l'eau) peuvent provoquer une crise.
  • Fièvre : une température corporelle élevée peut diminuer le seuil des crises.
  • Cycle menstruel : chez les femmes, les variations hormonales peuvent influencer la fréquence des crises.
  • Oubli de médicament : l'interruption du traitement antiépileptique est une cause fréquente de crises.
  • Infections : certaines infections peuvent augmenter le risque de crise.

Le diagnostic de l'épilepsie

Le diagnostic de l'épilepsie repose sur une combinaison de l'histoire clinique du patient et d'investigations spécialisées. Si vous pensez souffrir d'épilepsie, une consultation médicale s'impose rapidement, idéalement avec un neurologue.

L'électroencéphalogramme (EEG)

L'EEG est l'examen fondamental du diagnostic épileptique. Il enregistre l'activité électrique du cerveau via des électrodes placées sur le cuir chevelu. Cet examen est indolore et sans danger. L'EEG peut montrer des anomalies électriques caractéristiques de l'épilepsie, même entre les crises. Il aide également à classifier le type de crise et à localiser la région du cerveau affectée. Dans certains cas, l'EEG prolongé (vidéo-EEG) peut être nécessaire pour enregistrer une crise réelle et l'analyser en détail.

L'imagerie cérébrale

L'imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale est souvent réalisée pour détecter les causes structurelles de l'épilepsie (tumeur, malformation, cicatrice cérébrale). L'IRM offre une excellente résolution anatomique. Le scanner cérébral peut être utilisé en urgence pour éliminer une hémorragie, mais il est moins sensible que l'IRM pour détecter les causes de l'épilepsie. D'autres examens comme la TEP (tomographie par émission de positons) peuvent être prescrits dans les cas complexes.

Une prise de sang peut également être effectuée pour éliminer les causes métaboliques de convulsions.

Les traitements de l'épilepsie

Le traitement de l'épilepsie vise à prévenir les crises et à permettre au patient de vivre une vie normale. Plusieurs options thérapeutiques existent :

Les médicaments antiépileptiques

Les médicaments antiépileptiques (MAE) constituent le traitement de première intention pour la majorité des patients épileptiques. Il existe une large gamme de médicaments efficaces, chacun ayant des profils d'efficacité et d'effets secondaires particuliers. Le choix du médicament dépend du type d'épilepsie, des comorbidités du patient, de ses autres traitements, et de la tolérance individuelle.

Parmi les antiépileptiques les plus couramment prescrits, on trouve le lévétiracétam, la lamotrigine, le valproate, la carbamazépine, l'oxcarbazépine, et bien d'autres. Certains patients nécessitent une association de deux ou plusieurs médicaments pour un contrôle optimal des crises.

L'objectif du traitement est généralement d'atteindre la rémission complète (absence de crises), mais chez certains patients, on vise simplement une réduction significative de la fréquence des crises. Il est crucial de travailler en étroite collaboration avec le neurologue pour trouver le traitement optimal.

L'importance de l'observance thérapeutique

L'observance du traitement est absolument essentielle. Prendre ses médicaments exactement comme prescrit, aux heures régulières et aux doses correctes, est la clé pour contrôler l'épilepsie et éviter les crises. Un oubli ou un arrêt du traitement peut avoir des conséquences graves, jusqu'au syndrome épileptique malin pouvant mettre en jeu le pronostic vital.

Pour une bonne observance :

  • Utilisez un pilulier ou une alarme rappelant l'heure de prise des médicaments.
  • N'interrompez jamais votre traitement sans l'avis de votre médecin, même si vous ne faites plus de crises.
  • Signalez tout effet secondaire gênant à votre pharmacien ou votre médecin, qui pourra adapter votre traitement.
  • Conservez vos médicaments dans les conditions appropriées (température, humidité, lumière).
  • Informez tous vos professionnels de santé de votre épilepsie et de vos traitements en cours.

Chez certains patients dont les crises sont bien contrôlées depuis plusieurs années, une réduction progressive du traitement peut être envisagée sous surveillance médicale stricte. Cependant, cette décision revient exclusivement au médecin neurologue.

Gestes de premiers secours face à une crise

Bien que les crises épileptiques soient généralement impressionnantes, il existe des gestes simples à connaître pour aider la personne en crise et prévenir les complications :

  • Rester calme et chronométrer la durée de la crise : une crise dure en général quelques secondes à quelques minutes. Si elle dépasse 5 minutes (état de mal épileptique), il faut appeler les secours.
  • Protéger la personne : éloignez les objets qui pourraient la blesser. N'essayez pas de la maintenir de force.
  • Ne rien mettre dans la bouche : c'est une erreur courante et dangereuse. Contrairement à la croyance populaire, la personne ne va pas « s'avaler la langue ». Mettre quelque chose dans la bouche risque de casser les dents ou d'obstruer les voies respiratoires.
  • Tourner la personne sur le côté : une fois la crise terminée, mettez la personne en position latérale de sécurité pour faciliter le drainage des sécrétions et maintenir les voies respiratoires ouvertes.
  • Rester à proximité jusqu'au réveil : après la crise, la personne peut être confuse et désorientée. Restez près d'elle et rassurez-la.
  • Appeler le 15 (SAMU) ou le 112 (urgences) si : la crise dépasse 5 minutes, les crises se succèdent sans récupération, la personne se blesse gravement, c'est la première crise connue, la personne a des difficultés respiratoires, ou si vous n'êtes pas certain.
  • Documenter la crise : notez la durée, les symptômes observés, ce qui a précédé. Ces informations sont précieuses pour le médecin.

Si vous accompagnez régulièrement une personne épileptique, assurez-vous de connaître l'emplacement de ses traitements d'urgence (comme le diazépam rectal en cas d'état de mal) et les protocoles spécifiques à suivre.

Vivre avec l'épilepsie au quotidien

Avec un traitement approprié et adapté, la majorité des personnes épileptiques peuvent mener une vie tout à fait normale et satisfaisante. Cependant, certains ajustements du mode de vie sont recommandés :

Sommeil régulier : maintenez un horaire de sommeil stable et suffisant (7 à 9 heures par nuit). Le manque de sommeil est l'un des principaux facteurs déclenchants des crises.

Gestion du stress : pratiquez des techniques de relaxation, de méditation ou d'autres activités apaisantes. Le yoga, la respiration profonde ou l'activité physique régulière peuvent aider.

Alcool modéré ou nul : la consommation d'alcool diminue le seuil des crises et peut être particulièrement dangereuse. Certains épileptiques doivent l'éviter complètement.

Activité physique : l'exercice régulier est bénéfique pour la santé générale et peut même réduire la fréquence des crises. Cependant, certaines activités (nager seul, escalader en hauteur) demandent des précautions.

Alimentation équilibrée : une bonne nutrition soutient la santé générale. Certains régimes spécialisés (régime cétogène) peuvent être prescrits dans les épilepsies résistantes au traitement.

Scolarité et travail : les personnes épileptiques peuvent suivre une scolarité normale et avoir une activité professionnelle adaptée. Les enseignants et employeurs doivent être informés pour mettre en place les ajustements nécessaires.

Permis de conduire : en France, le droit de conduire peut être conservé si la personne n'a pas fait de crise depuis une durée minimale (généralement 6 mois), avec l'avis du médecin. C'est un point important à discuter avec son neurologue.

Maternité et épilepsie : les femmes épileptiques peuvent avoir une grossesse normale, mais un suivi spécialisé est nécessaire. Certains antiépileptiques augmentent le risque de malformations fœtales, et un ajustement du traitement peut être nécessaire lors du projet de grossesse.

Soutien psychologique : vivre avec une maladie chronique et imprévisible peut avoir un impact émotionnel. Ne pas hésiter à consulter un psychologue si nécessaire. Les groupes de soutien de personnes épileptiques peuvent également être d'une grande aide.

L'importance du suivi médical spécialisé

Un suivi régulier par un neurologue est indispensable pour les personnes épileptiques. Ce suivi permet de :

  • Évaluer l'efficacité du traitement et ajuster si nécessaire.
  • Détecter et gérer les effets secondaires des médicaments.
  • Actualiser le diagnostic et rechercher les causes non encore identifiées.
  • Discuter de la qualité de vie et des difficultés rencontrées.
  • Adapter les recommandations selon l'évolution de la maladie.
  • Envisager d'autres traitements (chirurgie de l'épilepsie) si l'épilepsie est résistante au traitement médical.

Ne pas négliger vos rendez-vous médicaux, même si tout va bien. La prévention des crises passe par un suivi régulier et une bonne prise en charge médicale.

L'épilepsie est une maladie sérieuse qui nécessite une prise en charge appropriée, mais elle n'est pas une fatalité. Avec les bons traitements, de l'information, et un mode de vie adapté, la plupart des personnes épileptiques retrouvent une qualité de vie satisfaisante. N'hésitez pas à demander conseil à la Pharmacie de Balmont pour toute question concernant vos traitements, leur prise, les interactions médicamenteuses ou les conseils hygiéno-diététiques adaptés à votre situation. Nos équipes sont à votre écoute pour vous accompagner dans la gestion quotidienne de votre épilepsie et soutenir votre parcours de santé.

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